• chapitre III / TN

     

    chapitre III

     

    Nous arrivons dans un endroit dégagé ou les immeubles n'occupent plus l'horizon, où chaque bouffée d'air nous rafraîchit les poumons et où l'un des silences les plus apaisant règne. L'endroit est magnifique, j'ignorais que ma tante vivait à la campagne, c'est un peu nouveau pour moi.

    Il est vers huit heures, je dois être bien loin de notre appartement, enfin, de leur appartement, ce n'est plus le mien désormais. Je me demande si les étoiles sont aussi belles, vues d'ici, si elles ont gardé leur éclat. Je l’espère, j'adore contempler cette voûte céleste. Je sors ma valise de la voiture, et constate que leur maison est magnifique. C'est une grande ferme faite de briques, avec des volets rouges. Il y a un petit jardin avec toutes sortes de légumes et de plantes. Je vois une écurie, ils doivent avoir des chevaux ou alors des vaches ? Cette idée me fait rire, je ne m'imaginais pas ce genre de maison, je n'ai pas l'habitude de la campagne.

    Elle m'ouvre la porte de la maison en affichant un grand sourire. Tout est fait de bois et de pierre, c'est vraiment joli. Je m'y sens bien. Il y a un escalier circulaire en plein milieu de la pièce. La cuisine est énorme et bien équipée. Le sofa est très coloré, il es fait tout en patchwork de couleurs différentes. Les rideaux rouges carmin donnent de la chaleur à la pièce. Nous montons les escaliers qui grincent et débouchons sur un couloir. Elle ouvre la porte du fond. C'est une petite chambre avec du parquet bien ciré. Le lit, en chêne, trône au milieu la pièce, il est face à une grande armoire blanche. Il y a un mur de briques ainsi qu'une porte-fenêtre donnant sur un balcon. Une odeur de lavande et de citron flotte dans la pièce.

    -Dépose tes affaires et descends si tu as faim, me fait Lucy.

    Je ne vais pas aller manger. Je me demande encore si elle a des enfants, je préfère rester discrète et éviter de poser trop de questions. Je commence à vider ma valise et ranger toutes mes affaires dans l'armoire. Je prends l'album et le dépose sous mon oreiller. C'est absurde, cela va me rappeler mon douloureux passé, mais je m'en fous, je ne peux décidément pas l'enterrer. Il y a un cadre, placé en dessus de la tête de lit, représentant une jeune fille qui doit a peu près avoir mon âge. Elle à un grand sourire, une fine carrure et de magnifiques yeux verts, elle a des cheveux roux lui tombant en cascade sur sa poitrine, elle est très jolie.

    ***

    Ils ont fini de manger et le soleil commence à décliner à l'horizon. Je décide de descendre. J'essaie de faire le moins de bruit possible. Dans la cuisine, ma tante essuie la vaisselle. Je me dirige en catimini vers la porte et sors. L'air et chaud, c'est agréable. Pieds nus, je me dirige vers l'écurie. C'est un grand bâtiment en bois, d'un côté, il y a un enclos prévu pour les quelques chevaux qu'ils possèdent ; de l'autre, il y a pleins de poules. La paille me chatouille les pieds. Je m'approche de l'un des chevaux et lui caresse le flanc. Je n'avais jamais vu un vrai cheval jusqu'ici, c'est étonnant de se retrouver face à un énorme animal que l'on a juste vu sur des images. Il y a une échelle et je décide d'y monter. J'arrive dans un endroit ou sont regroupés des multitudes de bottes de paille empilés les unes sur les autres. L'une des faces du bâtiment est ouverte et l'on aperçoit le coucher de soleil. 

    Il y a un garçon assis dans la paille, il est visiblement plus grand que moi en taille, possède de larges épaules et une mâchoire carrée. Je vois une larme luire sur sa joue. Il m'a entendue monter. Il s'essuie le visage et me scrute de haut en bas.

    -C'est donc toi ma cousine, Neptune ?

    -Oui, c'est moi. Je suppose que tu as aussi un nom

    Il hoche la tête, sans me donner de réponse, tout en affichant un sourire narquois. Je devrai le deviner.

    -Ça ne va pas ? demandais-je d'une petite voix.

    -Vous êtes de la police ? me rétorque-t-il

    Je le foudroie du regard et m'assois à côté de lui. Je décide de ne pas répondre. Je contemple le coucher de soleil. C'est bizarre cette situation, presque gênant. Nous ne nous connaissons même pas mais nous devrons vivre dans la même maison. Il se lève et me fixe avec ses yeux verts avant de descendre. Un chat vient se blottir contre moi, je lui rend ses caresses tout en savourant les derniers rayons du soleil.

    ***

    Cela fait une semaine que je suis ici, c'est difficile de s'intégrer dans cette famille si différente de la mienne. J'ai pu découvrir l'identité de mon cousin, il s'appelle Andrew. On avait du mal à discuter et j'ai remarqué qu'il n'était pas enchanté de ma présence. J’espère qu'on pourra s'entendre.

    Toutes les nuits, je suis sur le balcon, j'observe les étoiles. J'arrive même à me coucher, même si je n'ai pas énormément de place, la voûte céleste est encore plus jolie ici. Tout est calme, le cri des grillons a remplacé l'habituel bruit de pots d’échappement des voitures. Cela m'apaise. ce n'est pas si mal, la campagne finalement. Ce soir, je retourne sur le balcon, mais j'entends des bruits de pas dans le couloir, rien d'alertant jusqu'ici, sauf que les escaliers grincent et j'entends la porte d'entrée s'ouvrir. Intriguée, je me lève discrètement avant d'apercevoir la silhouette de mon cousin se dessiner dans la nuit. Il se dirige vers l'écurie, je fais le moins de bruit possible. Il entre et l'un des cheval pousse un hennissement. J'attends de longues minutes avant qu'il ressorte, et retourne dans sa chambre, comme si de rien était. Tout cela m'intrigue, qu'est-il allé faire ? 

    Je m'endors, pleins de questions en tête qui restent sans réponse.

    Le même phénomène se reproduit chaque nuit, à la même heure. Je ne plus tenir, je veux savoir ce qu'Andrew va faire chaque soir à l'écurie.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :